canbio contacts

CanBio satisfait des modifications apportées à la réglementation sur les chaudières par le gouvernement de la Colombie-Britannique - tracer la voie pour la production de chaleur à partir de biomasse

Mardi, le 9 mars 2010

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a revu un règlement désuet exigeant la présence d’un ingénieur 24h sur 24, 7 jours par semaine, dans les centrales fonctionnant aux fluides thermiques à basse pression (vapeur).

L’ancienne réglementation ne prenait pas en compte les avancées de la technologie afin de contrôler les systèmes non-pressurisés. Le nouveau règlement exempte généralement les centrales non-pressurisées, peu importe leur taille, de l’obligation d’avoir sur les lieux un ingénieur si elles possèdent des systèmes de contrôle automatisés, des systèmes de mise en service, des programmes d’essais de fonctionnement ainsi que des programmes de maintenance approuvés par un ingénieur professionnel conformément aux exigences du BC Safety Authority.

L’Association Canadienne de Bioénergie applaudit cette initiative puisqu’elle considère que cette dernière ouvrira la voie pour une production de chaleur plus locale, à base de biomasse renouvelable dans la province. Avant cette modification à la réglementation, les chaudières ayant une technologie de pointe étaient tout simplement non rentables, en raison de l’obligation d’avoir un ingénieur sur place lors de leur utilisation.

« Pendant des décennies, les projets de biomasse ont été bloqués ou reportés à cause de barrières connues dans la réglementation » rapporte Bruce McCallum, vice-président de CanBio. M. McCallum est l’auteur du rapport, Addressing Barriers Restricting Bioenergy System Applications in Canada, ayant donné le coup d’envoi à la campagne menée par CanBio pour faire amender la clause exigeant la présence d’un ingénieur lors de l’utilisation de chaudières à vapeur.

CanBio soutient le travail accompli par le BC Safety Authority sur cette question et espère que d’autres provinces suivront l’exemple de la Colombie-Britannique.

Toutefois, la lourdeur administrative devra être amoindrie si le Canada souhaite sérieusement remplacer sa production de chaleur à base de carburants fossiles émettant beaucoup de carbone, par une chaleur obtenue à partir de biomasse renouvelable.

La grande majorité des chaudières à la biomasse dernier cri sont manufacturées dans le nord de l’Europe, mais la réglementation empêche les Canadiens d’accéder à l’une des meilleures technologies en matière de chauffage.

« Il a été pratiquement impossible d’utiliser les appareils de biomasse sous pression dans la plupart des provinces canadiennes » dit M. McCallum. Les provinces, qui sont au Canada responsables de réglementer les chaudières, se fient au le code de conception de l’American Society of Mechnical Engineers (ASME). Toutefois, il est très difficile pour plusieurs fabricants de chaudières européens de satisfaire à ce code. Par conséquent, les Canadiens n’ont pas accès à certaines des meilleures technologies européennes de biomasse. « Ce problème pourrait facilement être surmonté si les provinces canadiennes reconnaissaient aussi deux standards clés de l’Union Européenne régissant les appareils de biomasse » affirme M. McCallum.

« Le BC Safety Authority a aussi prévu une disposition permettant d’accepter les chaudières non conformes aux standards de l’ASME, s’il peut être démontré qu’elles rencontrent des standards équivalents. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais nous devons voir comment cela fonctionnera en pratique. Est-ce que, par exemple, les chaudières certifiées selon les standards européens seront jugées comme équivalentes aux chaudières répondant à d’autres standards ou est-ce que de subtiles différences dans les standards poseront problème? » se demande M. McCallum.

Le processus d’approbation UL et CSA pour les appareils de biomasse résidentiels constitue un autre obstacle. Une petite compagnie désirant vendre des chaudières à la biomasse ayant une technologie de pointe doit dépenser au minimum 20 000$ et attendre environ un an afin d’obtenir les approbations nécessaires pour vendre le produit aux États-Unis et au Canada.

Les compagnies d’assurances s’en remettent à l’Association Canadienne de normalisation (CSA) pour certifier les appareils domestiques de chauffage au bois, telles les chaudières fonctionnant aux granules, ce qui donne à cette association une influence excessive sur le design et la commercialisation des appareils.

« Pour les chaudières aux granules européennes, nous demandons actuellement aux manufacturiers de re-certifier leurs appareils qui ont pourtant subi un processus rigoureux de certification pour l’Union Européenne. Cela freine et retarde l’introduction d’appareils dernier cri au Canada » dit M. McCallum.

Ainsi, afin de solutionner cette problématique, M. McCallum recommande de reconnaître les standards européens. Plus précisément, il souhaite que les gouvernements provinciaux et les compagnies d’assurances reconnaissent les standards européens EN 303-5 pour les chaudières à la biomasse jusqu’à 300 kW.

 

Chauffage urbain – Leçons apprises de l’Union Européenne

pic De nos jours, dans les villes et villages finlandais blottis entre d’épaisses forêts et des lacs froids, les résidents sont gardés au chaud grâce au bois. C’est avec une énergie verte obtenue à partir de copeaux de bois, de granules ou de biocarburant, une chaudière centrale et des conduites que la chaleur est acheminée vers les hôpitaux locaux, les écoles et les résidences. Pour plusieurs de ces villes, des modèles rentables de chauffage urbain ont apporté, non seulement un bilan carbone plus faible mais aussi, les bases d’une économie locale prospère.

Pourquoi alors les villes forestières du Nord de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick ne suivent-elles pas leur exemple? Le dernier congrès annuel de l’Association Canadienne de Bioénergie, tenu à Edmonton l’automne dernier, s’est intéressé à cette question. Les modèles des communautés les plus à l’avant-garde ainsi que les toutes dernières technologies ont été présentés; puis les conférenciers ont exploré comment ces modèles et ces technologies pouvaient être appliqués afin de positionner les communautés forestières, telle la Première Nation Bingwi Neyaashi Anishinaabek dans le nord de l’Ontario, en tant que modèles du développement durable.

Le secret du chauffage urbain? La planification et la coopération

« Au début des années 1990, en Finlande, on parlait beaucoup de la possibilité de chauffer nos communautés avec les résidus du bois au lieu des carburants fossiles…mais ça a pris bien du temps avant que les choses ne se concrétisent » relate Dominik Röser de l’Institut Finnois de Recherche Forestière.

Cette situation n’est que trop familière pour les compagnies et les municipalités canadiennes qui souhaitent convertir leurs richesses forestières en une économie ayant de bonnes perspectives d’avenir. Qu’il s’agisse d’ajouter de la valeur aux opérations d’une scierie existante, de chauffer les grands édifices d’une ville avec l’énergie dérivée du bois ou encore de construire une bio-raffinerie d’envergure, les villes forestières canadiennes voient grand. Et pour la plupart, elles n’ont pas le choix. La dégringolade du marché immobilier américain a mis en déroute l’industrie du bois de sciage canadienne, et la globalisation des marchés a sonné le glas de plusieurs usines de pâtes et papiers. De plus, il semble que le gouvernement fédéral soit limité dans sa capacité à apporter de l’aide à l’industrie forestière canadienne.

En relatant les réussites des coopératives finnoises qui ont mis en œuvre, avec succès, des systèmes de chauffage urbain, M. Röser a redonné espoir aux municipalités canadiennes lors du congrès annuel et du salon professionnel de l’Association Canadienne de Bioénergie à Edmonton, en Alberta en octobre dernier.

« L’entrepreneurship du chauffage continue à croître en Finlande » rapporte M. Röser. Avec un départ modeste de quelques communautés seulement au milieu des années 1990, il y a aujourd’hui plus de 430 centrales de chauffage urbain en Finlande. M. Röser affirme qu’il est essentiel de mettre sur pied une coopérative solide ou un réseau de propriétaires dès les débuts d’un projet. En Finlande, il existe trois types de coopératives de chauffage : la première, la plus commune, consiste en un réseau de compagnies forestières souhaitant tirer profit de leurs déchets ligneux; la seconde est la propriété des consommateurs eux-mêmes et la troisième est détenue par la municipalité.

M. Röser assure que tous ces modèles peuvent être appliqués au Canada. Il explique que ces coopératives sont généralement à but non lucratif, et que par conséquent, les profits sont redistribués aux membres, ce qui est particulièrement intéressant pour les consommateurs qui en bénéficient. Il admet toutefois que le modèle de l’industrie forestière devrait être repensé puisqu’au Canada, la plupart des forêts sont la propriété de l’état. Il recommande donc une approche au cas par cas. « Afin que les choses avancent, il faut que ce soit les municipalités et les entrepreneurs qui prennent les choses en main. La clé, c’est que quelqu’un doit vraiment prendre l’initiative » dit-il.

Doug Bradley, président et directeur exécutif de l’Association Canadienne de Bioénergie (CANBIO), fait remarquer que le modèle de coops finnoises pourrait facilement être appliqué au Canada si les coopératives étaient dirigées par les opérateurs de la SFL (Sustainable Forest License).

Chauffage écologique à Eno, Finlande

Les réseaux de chauffage urbain d’Eno, en Finlande, sont un exemple typique d’une cooperative de chauffage. En 2004, 3000 mètres de conduites de chauffage ont été installées à Eno Alakylä. Reliés à deux chaudières, respectivement de 1,2 MWth et 0,8 MWth, une bâtisse de bureaux municipaux, un centre de santé, la caserne des pompiers, une maison de retraite, des entreprises locales ainsi que dix maisons en rangée sont maintenant chauffées grâce aux copeaux de bois, aux granules et à la tourbe de provenance locale. Ce système a coûté au total1 384 000$ (CAN) et a reçu des subventions pour l’énergie renouvelable s’élevant à 319 000$. Ce type de subvention varie dans l’Union Européenne, mais généralement, un projet de centrale de chauffage peut recevoir jusqu’à 40% du coût d’investissement de la part des gouvernements régional, national et de l’Union Européenne.

Les subventions pour le chauffage renouvelable sont une des lacunes du Canada. Christopher Rees, directeur de Canbio en Ontario et consultant en chauffage à la biomasse, considère que pour démarrer, les appareils de chauffage urbain nécessitent un taux de subvention de 30% du capital et recommande que cette subvention soit maintenue pour 5 ans.

Le Québec est la première province à avoir développé un tel programme de subvention, le Programme d’aide à l’utilisation de la biomasse forestière pour le chauffage, lancé en septembre dernier par l’Agence de l’Efficacité Énergétique. Ce programme verse des subventions afin d’aider les bâtiments institutionnels, commerciaux, religieux et autres bâtiments publics à passer du chauffage aux combustibles fossiles (à l’exception du mazout lourd) aux systèmes de chauffage utilisant la biomasse forestière résiduelle. CANBIO espère que le programme inclura aussi des options permettant d’alimenter les bâtiments en bio-huile renouvelable, dérivée de la biomasse ligneuse par des compagnies canadiennes, telles Ensyn et Dynamotive, plutôt que de subir le processus d’installation de chaudières neuves dans chaque cas.

Le chauffage urbain offre plusieurs bénéfices aux communautés rurales. Eno a trois petits systèmes de chauffage urbain possédés par une coopérative de compagnies forestières privées. En plus de créer un nouveau marché pour un matériel déjà existant, le chauffage renouvelable de la coopérative remplace 1,6 millions de litre d’huile chaque année et réduit les émissions de gaz carbonique de plus de 4 000 tonnes.

M. Röser a fourni aux municipalités un plan à suivre, étape par étape, afin de mettre sur pied un réseau de chauffage urbain couronné de succès. « La première étape est de sonder la communauté et identifier les bâtiments potentiels. Assurez-vous d’avoir l’espace de chauffage suffisant pour justifier les coûts d’investissement » conseille-t-il. « Par la suite, déterminez la puissance requise pour la chaudière et magasinez les différentes options. Dans un troisième temps, planifiez le réseau des conduites et calculez la rentabilité pour la coopérative et les consommateurs. Ensuite, évaluez les coûts du réseau. » En Finlande, chaque membre d’une coopérative défraie des coûts d’entrée dans le réseau (habituellement environ 25 000$ à 30 000$ CAN). Les membres paient aussi chaque mois un coût de base destiné à couvrir les frais fixes, tels que le remboursement des prêts, ainsi que des frais d’énergie, qui sont établis en fonction de la consommation d’énergie de chaque membre.

À la suite de ces étapes, la coopérative devrait être prête à recevoir des soumissions pour l’usine. M. Röser a précisé que les municipalités doivent travailler très fort pour démontrer la faisabilité du projet ainsi que sa rentabilité auprès des membres de la coop et des clients potentiels avant d’entamer les négociations auprès des fournisseurs et pour l’acquisition des équipements. Ceci fait, il estime que les municipalités seront en bonne position pour faire la demande de subventions, et qu’après réception de celles-ci, elles pourront commencer la construction du projet.

Un modèle de chauffage urbain canadien

Il est beaucoup plus facile et économique de mettre sur pied un système de chauffage urbain dans une toute nouvelle communauté. C’est pourquoi, JP Gladu, directeur de CANBIO et président de La Forêt du Lac Nipigon, une association de quatre communautés des Premières Nations autour du Lac Nipigon, fait des pressions pour la mise en place d’un système de chauffage urbain lorsque la Première Nation Bingwi Neyaashi Anishinaabek reviendra vivre sur son territoire ancestral.

Dans les années ’60, la communauté de Bingwi Neyaashi Anishinaabek a été contrainte de quitter son territoire ancestral pour libérer le territoire afin qu’y soit établi un parc provincial. Après des décennies de négociations, le gouvernement fédéral a accepté de céder le parc provincial à la Première Nation dont les membres étaient désormais éparpillés dans la région. M. Gladu rapporte que si tout se déroule comme prévu, ils espèrent avoir l’approbation finale au printemps 2010 et construire les premières maisons et grands bâtiments pour 2014.

Lors d’une sortie terrain dans l’Est de la Finlande en mai de l’an dernier, M. Gladu a eu l’occasion de voir les systèmes de chauffage urbain de près. Lors de leurs pourparlers, M. Röser, M. Gladu ainsi qu’un autre expert finnois, Jouko Parviainen, ont dressé des plans pour un système de chauffage urbain pour la communauté des Premières Nations.

« Ce serait le premier projet du genre en Ontario. Avec cette Première Nation bâtissant une nouvelle communauté, l’opportunité de développer un système de chauffage avec les Finnois, avant d’ériger les bâtiments et de construire les routes, est emballante » dit M. Gladu qui a aussi entrepris des pourparlers avec deux autres fournisseurs Finnois lors du congrès annuel de CANBIO à Edmonton.

La communauté prévoit construire une scierie et d’utiliser les résidus de sciage ainsi que les résidus de la récolte forestière pour alimenter le système de chauffage urbain. M. Gladu affirme, qu’en raison de ses liens avec le territoire et d’une longue tradition d’utilisation durable de la forêt pour sa subsistance, la communauté appuie fortement l’idée de générer de la chaleur à partir de la ressource ligneuse locale.

Granules, chaleur et électricité - les nouvelles technologies rendent possible pour les municipalités de produire les trois

La grande majorité de l’activité récente dans le domaine de la bioénergie dans l’Ouest du Canada consiste en la construction d’usines de granules qui exportent la majeure partie de leur production vers l’Europe, un marché insatiable. Doug Bradley rapporte qu’on prévoit que les exportations canadiennes de granules doubleront, passant de 1,5 à 3 millions de tonnes, d’ici trois ou quatre ans. Pendant ce temps, dans l’Est du Canada, les usines de cogénération sont au sommet de la liste des priorités.

Christofer Rhén de GreenExergy a proposé une nouvelle solution, plus efficace, lors du congrès annuel de CanBio. Il s’agit d’une centrale combinée, produisant à la fois de l’électricité verte, des granules et de la chaleur. « Cette technologie est disponible maintenant. Les centrales combinées sont plus efficaces au plan énergétique et plus rentables, elles devraient donc être envisagées au Canada » affirme Doug Bradley.

Ontario Power Generation prévoit cesser l’utilisation de charbon pour 2014 et approvisionner certains de ses générateurs en biomasse. Pour ce faire, deux millions de tonnes de biomasses seront nécessaires. « Les communautés comme la Première Nation de Bingwi Neyaashi Anishinaabek bénéficieront alors d’un marché déjà existant si elles envisagent la production de granules, tout comme les communautés situées près des ports, puisqu’elles pourront facilement exporter leurs granules vers les marchés européens en pleine expansion » dit M. Bradley. Le coeur de la centrale combinée de GreenExergy est son séchoir à vapeur novateur qui peut, à partir de n’importe quelle sorte de biomasse forestière, telles les sciures de bois, les copeaux, le branchage et les cimes d’arbres, générer une biomasse de qualité et de taille uniforme. Cette biomasse peut alors être dirigée vers un générateur pour produire de l’électricité, un pelletiseur pour produire des granules, un réseau de chauffage urbain pour en tirer de la chaleur ou encore vers un séchoir de scierie pour y être transformé en produits ligneux séchés.

GreenExergy opère actuellement deux centrales combinées en Suède. Mise en service en 1996, sa centrale de Hedensbyn possède une chaudière LFC de 98 mW et une turbine de 34 mW. Chaque année, cette centrale génère 260 GWh pour le chauffage urbain, 170 GWh d’électricité et 130 000 tonnes de granules. La deuxième centrale, mise en service à Storuman en 2008, possède une chaudière vapeur de 32 mW et une turbine à vapeur de 8 mW, ce qui lui permet de produire annuellement 105 000 tonnes de granules, 40 GWh de chaleur et 48 GWh d’électricité.

M. Rhén affirme que les communautés rurales de Finlande, qui avaient les mêmes taux élevés de chômage que les communautés forestières du Canada, récoltent maintenant les récompenses du développement d’une bio-économie. Le truc, dit-il, c’est de concentrer le développement de l’énergie du bois vers les communautés rurales ayant un taux élevé chômage et qui ont besoin de diversifier leur économie locale. D’ici 2020, le nombre d’emplois dans le secteur de l’approvisionnement en carburant forestier ainsi que dans la fourniture de machinerie devrait augmenter de 500% en Finlande, alors que le nombre d’emplois de gestion reliés au secteur devraient doubler.

Avec des salaires plus élevés, la Finlande et le Canada ne peuvent compétitionner l’Asie ou l’Amérique Latine en matière de foresterie, ajoute Rhén. « Il est temps pour nous de coopérer dans la recherche et le développement ainsi que dans le transfert de technologie afin de créer de nouveaux marchés pour les ressources de nos forêts boréales. »

Photo: Le système d’approvisionnement en biomasse d’un hôpital du nord du Vermont. Crédit: CanBio.

La Loi sur l’énergie verte de l’Ontario est bonne pour la biomasse, – mais où est la chaleur?

pic La Loi sur l’énergie verte de l’Ontario, déposée hier, possède tous les bons outils pour augmenter substantiellement la contribution de l’énergie renouvelable dans l’approvisionnement en énergie de la province, mais il y manque une chose : la chaleur. « Dans un pays aussi frisquet que le Canada, il y a un grand potentiel de production de chaleur par la biomasse, mais trop souvent cela est laissé hors de l’équation, », dit Doug Bradley, président et directeur exécutif de CANBIO.

« Les tarifs de rachats garantis sont une excellente chose pour la production d’électricité de sources renouvelables, » mentionne Bradley. Des pays européens tels les Pays-Bas et l’Allemagne ont prouvé que des tarifs de rachats garantis, qui établissent essentiellement un prix fixe sur les sources d’énergie renouvelable pour la production d’électricité, peuvent vraiment modifier le marché de l’énergie en le faisant passer des combustibles fossiles aux sources vertes et durables, et CANBIO appuie fortement cette initiative en Ontario.

« Mais réserver uniquement les incitatifs pour l’électricité, et pas la chaleur, force artificiellement les usines de cogénération à la biomasse à être moins efficaces, puisque ces usines sont les plus efficaces quand elles peuvent utiliser toute la chaleur qu’elles produisent, et pas juste l’électricité, », dit Bradley. « Mais la Loi est encore à l’étape des grandes idées, et c’est le moment idéal de faire pression pour que la chaleur provenant de biomasse renouvelable soit incluse. Pour les secteurs de l’énergie solaire et éolienne, la production d’électricité est le seul but. Mais pour la bioénergie, la production de chaleur est tout aussi importante, sinon plus, que la production d’électricité. Nous allons en discuter avec le gouvernement ontarien pour rendre cela possible, » mentionne Bradley.

Le directeur de CANBIO Christopher Rees, qui fait la promotion de solutions de chauffage à la bioénergie en Ontario, est inquiet que la définition d’ « appareils » dans la Loi réfère uniquement aux appareils utilisant l’électricité. CANBIO aimerait que cette définition inclue également les appareils de chauffage les plus efficaces du point de vue énergétique, comme les fournaises résidentielles et les chaudières commerciales et industrielles qui peuvent utiliser des granules ou des copeaux, pour le chauffage d’un site unique ou dans les systèmes de chauffage central (district heating). CANBIO fait la promotion du concept d’incitatifs en capitaux pour l’installation de telles fournaises et chaudières. Dans les études de cas analysées jusqu’à présent, une subvention de 30% constituerait un niveau acceptable pour un tel incitatif, qui devrait être mis en place pour un minimum de 5 ans.

La rationalisation du processus d’approbation des projets est un autre point dans la Loi que CANBIO supporte fortement. « Dans le passé, nous avons reçu de nombreuses plaintes de nos membres à propos du fait que les restrictions et les législations non adaptées aux projets de biomasse, comme les règlements sur les ingénieurs responsables de la vapeur, ont été une barrière majeure à la réalisation de projets de bioénergie, » dit Bradley. CANBIO supporte également l’accès simple et facile aux ressources en biomasse.

CANBIO est encouragé par la clause de la Loi qui crée un Office d’aide aux énergies renouvelables au sein du Ministère de l’Environnement. Cela devrait offrir un guichet unique pour discuter ouvertement des projets d’énergie renouvelable et pour faciliter leur réalisation.

 

 

Le président de CANBIO en mission pour courtiser les investisseurs européens

pic

Le Ministère des affaires étrangères et du commerce international supporte une tournée européenne de Douglas Bradley, président de l’Association canadienne pour la bioénergie (CANBIO) qui a pour but de rencontrer des investisseurs-clé en bioénergie et pour stimuler de nouveaux projets d’affaires et d’investissement au Canada.

La tournée, du 24 janvier au 6 février, s’arrêtera en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne et en Suède – mais Bradley, qui prépare des présentations bien ciblées visant à démontrer le potentiel du Canada comme fournisseur de biomasse et comme opérateur – est confiant que cet horaire échevelé en vaudra la peine. « Je pars en tournée avec une mission : développer de nouvelles opportunités d’affaires pour les entrepreneurs, fermiers, forestiers et municipalités du Canada, et encourager l’investissement étranger ici, » dit Bradley.

Les partenariats internationaux offrent certaines des meilleures opportunités pour les entrepreneurs et les municipalités du Canada pour développer la bioénergie. Les compagnies européennes bâtissent des projets durables de bioénergie depuis deux décennies : les investisseurs sont à la recherche de nouveaux marchés et les projets d’énergie ont besoin de matières premières. Le Canada, avec ses vastes ressources de forêt, de résidus agricoles et de déchets organiques, est très bien placé pour en tirer avantage.

Cette mission d’investissement débute en Italie où Bradley doit rencontrer quelques-uns des plus gros fournisseurs de technologie et des plus importants producteurs de biodiesel.

En Belgique, Bradley offrira une conférence à l’atelier de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur la durabilité, et visitera la centrale d’énergie Les Awirs de Electrabel à Flémalle – cette ancienne centrale au charbon a été entièrement convertie à la biomasse en 2006 – et est alimentée largement par les granules en provenance du Canada.

Il se rendra ensuite aux Pays-Bas où il se joindra à une table ronde sur les politiques en matière de biomasse avec plusieurs organisations et des représentants gouvernementaux, incluant le ministère des Affaires économiques ainsi que le ministère de l’Agriculture. La discussion devrait couvrir les politiques dans les deux pays et aussi considérer les opportunités d’investissement et de coopération entre les Pays-Bas et le Canada en matière de technologie pour la biomasse, de recherche et développement, ainsi que de commerce.

En Espagne, Bradley visitera le CENER, le centre national sur l’énergie renouvelable du pays, ainsi que l’Institut pour la diversification et l’économie d’énergie, avant d’aller rencontrer une compagnie qui construit et opère des usines de cogénération et de biomasse de petite et moyenne envergure.

En Suède, Bradley fera une présentation spéciale intitulée : « Les trains de granules du Canada : producteurs, utilisateurs et marchés d’exportation », avant de participer à un dîner table ronde avec 8 à 10 compagnies de biomasse. En tant que membre canadien du bureau de l’Association mondiale de la bioénergie, Bradley se joindra au président de cette association, Kent Nyström, et donnera un séminaire sur les biocarburants liquides à l’ambassade canadienne à Stockholm.

 

La biomasse agricole peut alimenter l’industrie canadienne, Janvier 2009

pic

 « Les fermiers ontariens qui veulent réaliser de meilleurs profits devraient considérer avec attention les ressources dans leur propre cour, » a annoncé aujourd’hui Douglas Bradley, président de l’Association canadienne pour la bioénergie (CANBIO).

Bâtir des coopératives agricoles régionales pour fournir de la biomasse agricole à l’industrie représente une énorme opportunité en attente de se réaliser. « Il y a 142 833 acres de terres arables dans le comté de Lennox et Addington seulement, » dit Paul Kennedy, un propriétaire et entrepreneur local.

« Si tu voulais réduire l’utilisation du charbon d’une compagnie comme Lafarge de 10%, seulement 2.5% des terres arables du comté de Lennox et Addington seraient nécessaires pour produire des cultures d’énergie et récolter les résidus agricoles. Il y a également des milliers de ballots de foin inutilisés dans les fermes locales, qui peuvent tous être convertis en granules, » dit Kennedy.

 Le problème? Les municipalités et les fermiers nécessitent des modèles de coopérative pour qu’ils puissent bâtir un stock de biomasse et une chaîne d’approvisionnement stable sur lesquels l’industrie peut compter. Les marchés d’exportation des granules existent, mais pas les chaînes d’approvisionnement pour fabriquer et livrer les granules agricoles. La machinerie pour produire et récolter les résidus ou les cultures d’énergie est nouvelle et peu familière pour les certains des propriétaires terriens.

Mais du Missouri à la Finlande, les coopératives de fermiers produisant des granules agricoles à partir des résidus d’autres cultures ou de cultures dédiées à l’énergie font des profits : « Substituer des combustibles fossiles avec de la bioénergie permet non seulement de réduire les émissions de carbone dans l’atmosphère, mais représente également une belle opportunité d’affaire pour les agriculteurs canadiens, » dit Bradley.

C’est pourquoi CANBIO organise l’atelier « Alimenter l’industrie canadienne avec la biomasse agricole », au Donald Gordon Centre de l’université Queen’s le 31 mars 2009. CANBIO se joint à de grosses compagnies telles Ontario Power Generation (OPG) et Lafarge, ainsi qu’à des experts en recherche et développement comme le Centre sur la bioéconomie durable de Queen’s et le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, pour aider les agriculteurs à se lancer dans la bioénergie.

 OPG et Lafarge parleront de leurs demandes immédiates et futures en matière de combustibles renouvelables. Steve Flick, fondateur de la fameuse coopérative Show-Me Energy du Missouri, et Craig Copeland, un agriculteur et propriétaire local de Kingston, montreront aux participants comment une coopérative peut être bénéfique financièrement pour les agriculteurs tout en contribuant à la réduction des émissions de carbone. Une petite machine canadienne qui peut produire des granules agricoles sur le site sera en mise en démonstration par Ekofuel Technologies, et Doug Bradley parlera des marchés d’exportation et de la manière de bâtir un plan d’affaires.

 

 

La conférence de CANBIO souligne les progrès de la bioénergie, Octobre 2008

La conférence annuelle et l’exposition commerciale de CANBIO, qui se sont déroulées récemment à Ottawa, ont témoigné du rapide momentum industriel en 2008.

jane

“Quelle différence une année peut faire,” a déclaré à l’auditoire de plus de 200 personnes la gestionnaire de programme de Ontario Power Generation (OPG) pour le Nord-Ouest ontarien et directrice de CANBIO, Jane Todd. L’importante société de production d’électricité teste intensivement la biomasse pour être prête dans l’éventualité que la province décide de convertir à la biomasse les usines actuellement alimentées au charbon. D’un seul programme d’essai de biomasse à l’usine de Nanticoke l’an passé, OPG est maintenant engagé dans un “programme agressif d’essais dans toutes nos usines,” a dit Todd.

La cogénération à grande échelle n’est pas le seul secteur à avancer à pas de géant cette année. Plusieurs communautés au Québec travaillent en collaboration pour développer la bioénergie et ainsi stimuler une économie forestière chancelante. Carl-Eric Guertin, directeur du marketing au Quebec Wood Export Bureau et directeur de CANBIO, a dit à l’auditoire que bien que le gouvernement travaille à éliminer les entraves à l’utilisation de la biomasse pour la production d’énergie, les véritables porte-étendard dans cette bataille se trouvent au niveau local. Dans la seule région du Bas St-Laurent, on retrouve dix projets d’installation de chaufferie centrale d’ici 2010. Suite à la conférence, plusieurs compagnies finnoises présentes à l’exposition commerciale ont participé à des visites dans la vallée de la Matapédia, à Témiscamingue et à Ville-Marie au Québec, ainsi qu’à Hearst en Ontario, pour aider ces communautés à implanter des solutions de bioénergie.

nystrom

Toutefois, lors de son allocution, le président de l’Association mondiale de la bioénergie, Kent Nyström, a démontré à quel point le Canada avait un encore un long parcours devant lui avant que la bioénergie ne devienne partie intégrante du système énergétique canadien. Nyström a mentionné que dans son pays d’origine, la Suède, le point tournant a été la mise en place d’une taxe nationale sur le carbone. “Puisque les citoyens ont reçu des baisses d’impôt sur le revenu en échange de l’imposition d’une taxe sur le carbone, l’acceptabilité sociale de cette mesure a été élevée,” a-t-il mentionné.

“Une chose est sûre, le Canada doit mettre une valeur sur le carbone, que ce soit par une taxe sur le carbone ou avec un système d’échange de crédits de carbone,” a affirmé le président de CANBIO, Doug Bradley, résumant ainsi la discussion de la table ronde sur l’industrie canadienne des énergies renouvelables.

La conférence a été fidèle à son thème: La bioénergie en action. L’exposition commerciale réunissait 25 exposants de l’Irlande, la Finlande, la Suède, des États-Unis et du Canada et incluait les technologies et les équipements les plus récents. Cette année, la session de rencontres d’affaires, au cours de laquelle des personnes intéressées s’inscrivaient à des réunions privées avec des compagnies présentes à l’exposition, a connu un vif succès avec 57 tête-à-tête.

tradeshow pic 2
tradeshow pic 1

La visite de l’usine de cogénération d’Abitibi-Bowater à Hull (QC), d’opérations de récolte et de transformation de la biomasse de Camionnage Normand Sans-Cartier, ainsi que de l’usine de démonstration de production d’énergie à partir de résidus de Plasco à Ottawa, s’est avérée également très populaire.

ottawa field trip pic
ottawa field trip pic 2

Les organisateurs de CANBIO étaient fiers des résultats de la conférence. Le bureau de direction de CANBIO est déjà en train de planifier l’événement de l’an prochain, lequel se tiendra soit à Sherbrooke (QC) ou à Edmonton (AB) à l’automne 2009.

Voir des présentations sélectionnées de la conférence (en anglais):
Biomasse forestière: Volumes et coûts d’approvisionnement – Doug Bradley
Développement d’affaires par la biomasse en Suède – Hans Gulliksson
La biomasse sous pression: Un éléphant dans le lit – Bruce McCallum

Voir la liste complète des présentations (en anglais)
Toutes les présentations sont maintenant disponibles en ligne pour les participants et les membres de CANBIO. Pour information contacter: info@canbio.ca.

Photos: Crystal Luxmore.


 

Le Canada occupe le devant de la scène à la Conférence mondiale sur le bioénergie 2008, Juin 2008

pingbus

Quand la délégation de 77 Canadiens est descendue de l’avion en Suède, ils ont su qu’ils étaient au pays de la bioénergie. “L’aéroport de Arlanda est chauffée entièrement avec de la biomasse, “ a dit Paul Smallman, un propriétaire forestier privé de l’Ile-du-Prince-Edouard. Comme plusieurs délégués canadiens dans cette mission à la Conférence mondiale sur la bioénergie 2008, la plus grosse conférence sur la biomasse au monde, Smallman est venu en Suède avec une mission: apprendre auprès des meilleurs, établir des contacts et transformer cette expérience en une entreprise viable d’énergie renouvelable une fois de retour à la maison. “Le secteur du bois et de la forêt s’en va en banqueroute en ne s’appuyant que sur les marchés traditionnels. Je désire mettre sur pied une petite usine de granules, et utiliser de grosses fournaises alimentées au bois pour produire de la chaleur renouvelable et la vendre ici, à l’Ile-du-Prince-Eoudard, aux communautés locales. Les Scandinaves sont les leaders mondiaux des technologies et des marchés de la bioénergie, et si on veut faire comme eux, on doit aller apprendre auprès des meilleurs.”

“Nos collègues internationaux ont su que nous étions sérieux quand le Canada a dépêché la plus grande délégation à cette conférence, “ a dit Doug Bradley, président de CANBIO et instigateur de cette mission commerciale. La conférence se tenait à Jönköping, en Suède, le mois dernier, et la mission canadienne menée par CANBIO comptait 35 participants de 6 provinces canadiennes; 35 autres délégués canadiens ont assisté à la conférence de manière indépendante. Les participants provenaient de l’ensemble du secteur de la bioénergie, et incluait des propriétaires forestiers, des communautés riches en biomasse, des chercheurs et des fournisseurs de technologie. Mais tout le monde était là pour la même raison: faire des affaires.

Les partenariats internationaux offrent les meilleures opportunités pour les entrepreneurs et les municipalités du Canada pour développer la bioénergie. La Finlande, la Suède et l’Autriche bâtissent des chaînes durables de production de bioénergie depuis deux décennies, et le Canada, avec ses vastes ressources forestières, est bien placé pour en profiter. Comme les pays scandinaves, le Canada peut utiliser les résidus forestiers sans compétitionner avec l’industrie des pâtes et papiers pour la fibre vierge. Au Canada, en ce moment, plus de 16 millions de tonnes d’écorces reposent dans des piles, représentant suffisamment d’énergie pour répondre aux besoins de près de 1 million de Canadiens. À chaque année, 11 millions de tonnes additionnelles de résidus de coupe sont brûlés ou laissés à pourrir. L’épidémie massive de dendroctone du pin en Colombie-Britannique a tué 450 millions de mètres cube de pin, l’équivalent du volume de six années de récolte avant l’épidémie; la Colombie-Britannique possède ainsi la plus grande quantité de bois disponible pour la production d’énergie.

La Conférence mondiale sur la bioénergie 2008 a fourni amplement d’espace pour générer de nouvelles occasions d’affaires en bioénergie. Alexandra Volkoff, l’ambassadrice du Canada en Suède, a inauguré un populaire événement parallèle Canada-Suède qui a présenté le Canada comme un lieu privilégié pour les affaires et les partenariats en bioénergie. 85 participants provenant de 17 pays, dont la Russie, la Suède, les Pays-Bas, la Finlande, la Norvège, l’Espagne, le Brésil et la Colombie, ont assisté à l’événement, montrant que l’intérêt envers le Canada de la part de l’industrie internationale de la bioénergie est élevée. Les conférenciers, incluant Doug Bradley, président de CANBIO, ainsi que les membres du bureau de direction Bruce McCallum et Carl-Eric Guertin, ont fait des présentations sur l’approvisionnement en biomasse, l’aménagement forestier durable et la situation de la bioénergie en région. Toutes les présentations peuvent être téléchargées à : http://www.infoexport.gc.ca/iei/Post.jsp?did=c20917&sitid=411

Les visites offertes ont également soulevé un grand intérêt. Roland Kilpatrick, conseiller en technologie industrielle pour le Conseil national de la recherche, a pris part à des visites d’étude d’une journée ou d’une demi-journée à chacun des cinq jours qu’a duré l’événement. Kilpatrick, qui a déménagé dans le Nord-ouest ontarien il y a cinq ans, envisage la possibilité de transformer la foresterie chancelante de cette région en une bioéconomie plsu profitable. Il dit que les visites terrain ont été un moment fort, lui permettant de voir le dernier cri en matière de granules de bois et de déchiqueteurs, alimentant en énergie une gamme d’installations, de la petite ferme à la ville de Mullsjö, qui possède trois chaudières à granules de 3 Mégawatts fournissant de la chaleur à 8000 personnes. « Nous sommes allés visiter une école chauffée par une chaudière à granules installée dans la cour – elle était si bien intégrée à son environnement que l’on pouvait voir l’endroit où les enfants bottaient leur ballon dessus, » a dit Kilpatrick.

pingdump
jonkopingfield
motalachp

Lui et d’autres participants à la mission commerciale espèrent pouvoir rapporter au Canada certaines des solutions observées en Suède. La rencontre de partenaires de développement potentiels pendant le voyage les aidera dans leur tâche. « J’ai entendu des discussions sur le développement potentiel de projets à grand échelle avec des partenaires outre-Atlantique, ainsi que d’une myriade de projets à plus petite échelle à travers le pays – alors préparez-vous à entendre des annonces, » a dit Bradley. .

Les délégués ont dit que certains des projets d’affaires les plus prometteurs se sont produits entre concitoyens canadiens. « Voyager avec 60 autres Canadiens m’a aidé à trouver de nouvelles synergies et à construire des relations qui peuvent produire des projets de bioénergie significatifs à la maison, » a dit Jamie Bakos, CEO de Titan Clean Energy Projects, un développeur de projets de biomasse de la Saskatchewan. « J’ai parlé à de nombreux clients canadiens potentiels intéressés à migrer de la foresterie traditionnelle à l’utilisation de la biomasse pour la production d’énergie ou d’autres produits renouvelables, » a dit Luc Bernard de ALPA Equipment, un commerçant de machinerie pour la biomasse originaire des Maritimes.

Bakos considère le partenariat avec des gens d’affaires du Canada ou de la Scandinavie comme le seul moyen d’assurer le lancement de l’industrie de la bioénergie. « Nous devons envisager la bioénergie comme une industrie mondiale. Nous sommes confrontés à une industrie des combustibles fossiles solidement implantée depuis longtemps et à des géants de la chimie, et si nous nous considérons comme des compétiteurs indépendants, nous en sortirons tous perdants. Nous devons penser à l’industrie de la biomasse comme un gros marché et travailler ensemble pour avoir des impacts. »

La conférence annuelle de CANBIO est dédiée particulièrement à la création d’opportunités d’affaires pour la bioénergie. « La bioénergie : De la parole aux actes », une conférence de 2 jours et une visite d’étude d’un jour, se tient à Ottawa du 6 au 8 octobre 2008 et vise à rassembler des municipalités, des entrepreneurs et des compagnies du monde entier pour développer de nouveaux projets de bioénergie. Il s’agit du plus gros événement de ce genre dans le centre du Canada, et l’un de ses buts principaux est de promouvoir des solutions complètes pour les communautés pour utiliser la biomasse à des fins de production de bioénergie et fortifier leur économie. Une exposition commerciale présentera les plus récentes technologies en provenance de la Finlande, de l’Autriche et du Canada, ainsi que des développeurs d’équipement et de projets de biomasse. Lors de la dernière journée, une visite terrain d’un jour devrait permettre de voir la plus ancienne usine de pyrolyse rapide toujours en activité au monde, (une installation de 100 tonnes par jour à Renfrew, ON), une usine de cogénération à la biomasse liée à l’usine de pâte de Abitibi-Bowater à Gatineau (QC), ainsi que des opérations sur les résidus de coupe par la compagnie Les Broyeurs à Bois. Pour plus d’informations sur cette conférence, visitez le lien : www.canbio.ca/canbio_events.php

 

 

Le Canada se joint à la nouvelle Association mondiale de la bioénergie, Mai 2008

world bio association crop

Douglas Bradley, président de l’Association canadienne de la bioénergie (CANBIO), a été nommé pour représenter le Canada comme un membre du bureau de la nouvelle Association mondiale de la bioénergie (World Bioenergy Association, WBA). « Trouver les meilleures avenues vers la biomasse durable représente un défi global, qui requiert des solutions globales, » a dit M. Bradley. « Mais l’industrie de la bioénergie est fragmentée par rapport aux autres énergies renouvelables telles l’énergie éolienne et l’énergie solaire; la biomasse va des résidus animaux au bois résiduel, et les produits finaux vont de la chaleur et de l’électricité aux produits renouvelables pouvant remplacer les plastiques et autres matières synthétiques. Mais pour que la bioénergie prenne réellement son envol, nous devons parler d’une seule voix – c’est pourquoi l’Association mondiale de la bioénergie a été créée. »

world bioenergy association

La WBA vise à être le porte-parole global pour la bioénergie, et à promouvoir l’utilisation de la biomasse d’une manière durable, économiquement efficace. L’organisation fera également la promotion du commerce des biocarburants et de la biomasse, de la standardisation des carburants, du développement technique et de la recherche. Une tâche importante sera de suivre le potentiel de développement de la bioénergie dans différentes parties du monde. La WBA planifie également d’aider à développer des systèmes de certification qui assureront que la bioénergie est produite de manière respectueuse de l’environnement, et selon des conditions de travail acceptables.

Présidée par Kent Nyström, président de l’Association suédoise de la bioénergie, la WBA inclut inclut le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon, l’Inde, le Brésil, la Suède et d’Autres pays de l’Union européenne. La WBA invite d’autres associations nationales et régionales de bioénergie, ainsi que des entreprises commerciales associées, à s’informer à propos de l’adhésion.

« Jusqu’à récemment, il n’y avait pas d’organisation dédiée à la bioénergie à un niveau global, » a dit M. Nyström. « L’utilisation de la bioénergie devrait augmenter de manière durable à la lumière des prix élevés des combustibles fossiles et de leur impact environnemental sur le climat, et la WBA peut contribuer à cela en représentant les producteurs de bioénergie à travers le monde. »

Des représentants de l’industrie de la bioénergie ainsi que des membres du bureau de l’Association mondiale de la bioénergie sont attendus lors de la conférence annuelle et de l’exposition commerciale de CANBIO, La bioénergie, de la parole aux actes, du 6 au 8 octobre 2008.

Photo gracieuseté de : Maral Kassabian, Bioenergy International - www.bioenergyinternational.com.

 

L’épidémie de dendroctone du pin n’est pas qu’une mauvaise nouvelle

pic

L’inquiétude à propos des énormes émissions de carbone des forêts de Colombie-Britannique causée par l’épidémie de dendroctone du pin n’est pas critique à long terme, dit le président de l’Association canadienne de bioénergie, Doug Bradley. La coupe de plus de 130 000 arbres depuis 2006 doit être vu comme une opportunité pour l’aménagement des forêts – incluant la récolte d’énergie renouvelable que représente le bois mort.

Les prédictions du Dr Werner Kurz qui veulent que quand le dendroctone du pin en aura fini avec les forêts de l’intérieur de la Colombie-Britannique, plus de un milliard de tonnes de dioxyde de carbone seront émises dans l’atmosphère ne sont pas nouvelles, mais elles ont sonné l’alarme dans certains journaux au Canada suite à la publication de ces résultats dans la revue Nature la semaine dernière.

Kurz, un écologiste senior au Centre de foresterie du Pacifique, écrit que les forêts de la Colombie-Britannique se préparaient pour une infestation naturelle depuis la fin du 19e siècle alors que de larges feux de forêt ont permis l’installation de vastes peuplements de pin. Les programmes de prévention du feu qui ont suivi ont été suffisamment efficaces pour permettre aux forêts d’atteindre des stades matures, et ainsi être plus susceptibles à l’infestation massive qui a commencé dans les années 1990, quand les températures plus élevées ont permis d’allonger la durée de vie du dendroctone.

« Les résultats de Kurz reflètent simplement comment les perturbations naturelles sont un événement normal dans les forêts boréales canadiennes et sont une partie essentielle de la santé des forêts. Si rien n’est fait, les émissions de CO2 continueront en raison de la lente décomposition des arbres tués par le dendroctone et, vraisemblablement, des feux se produiront dans les peuplements morts et desséchés, ce qui causera une libération de CO2 massive. Avec le temps, évidemment, de nouveaux arbres pousseront à leur place pour absorber le carbone qui a été perdu. »

Bradley soutient que la manière la plus rapide et la meilleure de réduire les émissions nettes de CO2 est de faire exactement ce que le gouvernement de Colombie-Britannique est en train de faire : récolter les arbres morts ou mourants, et stocker ainsi le carbone dans des produits forestiers durables comme le bois de charpente pour la construction de maison, et permettre aux nouvelles forêts de pousser.

« Ce qui devrait également être fait, c’est réduire encore plus les émissions de CO2 en utilisant les résidus de coupe, qui sont laissés en bordure de route, pour la production de bioénergie. Utiliser cette fibre pour l’énergie permet de réduire l’utilisation des combustibles fossiles, ce qui se traduit par une réduction immédiate des émissions nettes de CO2 dans l’atmosphère. Cette fibre ne compétitionne pas avec la production alimentaire, ce qui fait d’elle une ressource d’énergie intéressante et durable, « dit Bradley.

Le bois mort de la Colombie-Britannique, dont une grande partie est laissé à l’abandon, peut être utilisé pour produire de l’électricité, remplaçant l’énergie qui proviendrait autrement des centrales au charbon ou au gaz naturel qui sont de grands émetteurs de CO2, ou il peut être utilisé pour produire de la chaleur pour les processus industriels ou pour chauffer des maisons, remplaçant également l’huile et le gaz naturel.

Bradley a souligné l’importance de laisser du bois mort au sol dans certains endroits pour retourner les éléments nutritifs, spécialement sur pour les sols qui ne sont pas fertiles. Il a cité les travaux menés par Dr David Paré du Service canadien des forêts et de la Dr Evelyne Thiffault à Québec, qui sont importants pour définir des solutions pour maintenir les éléments nutritifs du sol. « Cela nous aidera à bien déterminer la quantité de résidus de coupe qui peut être prélevée pour la bioénergie, tout en maintenant la productivité des sols et la santé de nos forêts, » a-t-il dit.


 

De nouveaux marchés domestiques pour l’huile de pyrolyse du bois, Août 2008

Une étude technique récente par UOP pour le département américain de l’énergie indique que l’huile de pyrolyse produite à partir du bois peut être une ressource économique pour les raffineries existantes pour la production d’essence.

Un processus appelé Pyrolyse rapide convertit, en moins de deux secondes, la biomasse résiduelle des secteurs forestier et agricole en une biohuile liquide et légère, pouvant être utilisée dans la production de bioénergie et de produits biochimiques. Le Canada est le leader mondial dans le développement et la production d’huile de pyrolyse. Ensyn, à Ottawa, a élaboré, construit, et commandé sept usines commerciales d’huile de pyrolyse aux Etats-Unis et au Canada et a traité depuis 1989 100 tonnes de résidus de bois sec par jour dans sa plus grosse usine, située à Renfrew. Jusqu’à présent, il s’agit de la seule technologie de pyrolyse rapide en opération sur une base commerciale soutenue. Dynamotive Energy Systems, à Vancouver, a agrandi son usine de West Lorne, en Ontario, pour qu’elle atteigne 130 tonnes par jour, et a lancé les opérations de la plus grande usine de pyrolyse du monde, une usine de 200 tonnes par jour située à Guelph, Ontario. Dynamotive s’est concentré sur l’énergie : alimenter des turbines pour faire de l’électricité, ou alimenter des chaudières en remplacement des carburants fossiles. Ensyn visait initialement les marchés de l’alimentation et des produits chimiques, qui étaient plus lucratifs quand les prix de l’énergie étaient faibles, mais il s’agit essentiellement d’une compagnie de production de carburant renouvelable pour le transport, spécialement avec les prix actuels du baril de pétrole. 

Les recherches aux Etats-Unis par le National Renewable Energy Laboratory (NREL) et le Pacific Northwest Laboratory sur l’utilisation de l’huile de pyrolyse suggèrent qu’au prix actuel du pétrole, il est économique de convertir la lignine pyrolytique en essence. Les travaux du NREL sont présentement mis à jour, et Dynamotive étudie activement ce processus avec des résultats prometteurs jusqu’à maintenant. L’article par UOP peut être trouvé ici.

 

Articles